Construire une serre abritée par la terre et économe en énergie

Construire une serre abritée par la terre et économe en énergie

Construire une serre économe en énergie

Quarante-dix jours sans gel, ici dans les montagnes de l’Idaho, près de la frontière canadienne, ne suffisent pas pour faire pousser la plupart des cultures de légumes. Pendant plusieurs années, j’ai vu avec frustration mes cultures de tomates et de maïs succomber au gel début septembre. Même les blettes et les choux les plus résistants étaient abandonnés en octobre. J’ai demandé à mes vieux voisins ce qu’ils faisaient pour résoudre ce problème et comment ils prolongeaient leur saison de culture. “Plantez des plantes racines”, m’ont-ils répondu. “Pommes de terre et carottes. Mettez-les dans une cave à racines et elles se conserveront tout l’hiver.”

J’ai essayé et ça a marché. J’ai trouvé d’autres “conservateurs”, aussi, comme les pommes et les courges, les oignons et l’ail. La cuisinière de mon restaurant préféré m’a étonné en gardant le chou frais pendant des mois en l’arrachant et en le suspendant à l’envers par les racines dans sa propre cave à légumes. Mais ce n’était pas des aliments fraîchement cueillis. Je voulais des légumes verts frais et biologiques à d’autres saisons que l’été. Voici plus d’informations sur la serre enterrée

Dans les siècles passés, au début du printemps, les agriculteurs avisés commençaient à faire pousser les légumes de leur jardin dans des fosses d’1 mètre de profondeur appelées “trous de culture”. Ces fosses étaient remplies de trois couches de matière organique : La couche la plus basse était constituée d’un demi metre de fumier de cheval frais ; la deuxième, d’un demi metre de terre végétale ; et la troisième, d’un demi metre d’espace de croissance pour les légumes plantés dans le sol. La fosse de culture était traditionnellement couverte de vieilles contre-fenêtres ou d’autres vitres à cadre en bois. Le verre emprisonnait à la fois la chaleur du soleil et la chaleur provenant de la décomposition du fumier de cheval. Le sol autour de la fosse agissait comme un puits de chaleur passif pour l’énergie du soleil, l’absorbant pendant la journée et la libérant la nuit.

J’ai construit un petit grow-hole, et ça a marché. J’ai fait un bond en avant par rapport à mon jardin traditionnel, en faisant passer la saison de culture de trois à quatre mois. C’était un bon début, mais certaines faiblesses inhérentes à cette méthode sont apparues. Tout d’abord, pour arroser ou désherber les plantes, je devais ouvrir la fosse et les exposer à l’air. La plupart des plantes ne poussent pas à des températures inférieures à 4 degrés ; ainsi, par une journée à -1 degrés, je détruisais l’environnement douillet et ensoleillé de 10 ou 15 degrés, ce qui choquait les petits plants. Deuxièmement, le fait que le verre soit posé à plat sur le dessus de la fosse me dérangeait. Lorsque le soleil frappait le verre à un angle faible, comme c’est le cas au début du printemps, une grande partie de la chaleur radiante rebondissait comme une pierre qui saute sur l’eau.

 

Il m’a semblé logique et pratique de relever l’angle du verre et de rendre la fosse assez haute du côté nord pour que je puisse travailler sur les plantes de l’intérieur. J’ai gardé la terre de l’excavation et l’ai amoncelée sur le côté nord pour l’isolation. Enfin, mes plans avaient évolué d’une humble serre de culture à une modeste serre abritée par la terre.

Malheureusement, cette conception avait aussi des faiblesses, alors je suis retourné à la planche à dessin. Je voulais creuser la zone de plantation à l’intérieur de la serre abritée par la terre aussi profondément que possible pour profiter de la chaleur de la Terre : le sol maintient une température constante et modérée toute l’année à 2,5 mètres de profondeur, et je voulais m’en approcher le plus possible.